Réflexions

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mercredi 22 février 2012

Dominique ANTOINE votera François HOLLANDE :commentaires sur une trahison

Voilà donc Dominique ANTOINE à gauche. Il faut bien reconnaître qu'avec François BAYROU, ministre de l'Education nationale, il tangentait déjà beaucoup la gauche en champion de la cohabitation qu'il était avec la haute administration de l'Educnat et l'Inspection générale voire avec les syndicats, tous très marqués à gauche. Il peut maintenant partir puisque la droite l'a servi pleinement d'Inspecteur général à Conseiller à la Cour des Comptes. A moins qu'à la Cour des Comptes, son président lui ai montré qu'il vaut mieux être de gauche bobo (ou caviar ou Lubéron) plutôt que de droite sociale. Je penche plus pour une petite revanche contre celui qui l'a traité de "connard" à Saint Lo, en une grande journée de manifs d'enseignants. Dominique ANTOINE appelant à voter François BAYROU aurait été un peu plus cohérent, lui qui a été du grand ministère de l'immobilisme de 1993 à 1997. Dominique ANTOINE, appelant à voter François HOLLANDE, a trouvé l'équipe Education de son candidat la mieux préparée pour "changer l'Ecole". Que ne l'a-t-il fait ou conseillé avant ? Les ralliements du dernier quart d'heure sont les plus détestables car ils cumulent opportunisme et trahison. Monsieur ANTOINE, restez dans vos (petits) comptes !

mardi 18 octobre 2011

DE LA SOUFFRANCE DES ENSEIGNANTS

Notre Education nationale est devenue si pauvre et même si radine qu’elle pense qu’en mettant un enseignant devant chaque classe, elle a rempli son devoir. Contrainte par les énarques du budget, elle n’a pas vu qu’au-delà d’un enseignant par classe, il y avait les remplacements à faire, sauf à aller chercher au pôle Emploi des vacataires précaires et sous-payés, inexpérimentés et non formés, et surtout à absorber les enseignants fragiles, en difficulté devant leurs élèves ou à bout après de longues années d’enseignement. Pour ceux-là, environ un par établissement, on « bricolait » auparavant des solutions de fortune en allégeant leur service, en dédoublant leurs classes, en les installant sur des « postes à profil particulier »……Et cela était possible car les établissements disposaient à la fois d’une petite réserve de moyens horaires et de marge d’initiative.

Aujourd’hui, on a créé dans chaque académie un « directeur des ressources humaines », et au Ministère une directrice générale des ressources humaines venue d’ailleurs d’un autre monde qu’éducatif, tous aussi peu pédagogues les uns que les autres, qui gèrent les personnels, de loin, sans recours à des moyens spécifiques d’aide ou de prise en charge particulière, sans postes dédiés à ces situations, bref sans aucune attention spécifique vers les personnels en souffrance. Au Ministère de l’Education nationale, seule l’affichage importe. Et s’il y a DRH, il a souci des personnels.

Notre système éducatif n’offre que très peu la possibilité aux enseignants qui ne peuvent plus ou qui ne veulent plus exercer leur difficile métier de faire autre chose dans l’Ecole sauf à repasser des concours ! Pourquoi un enseignant du secondaire ne pourrait-il pas aller enseigner dans une école primaire et réciproquement ? Pourquoi un enseignant « à bout » ne pourrait-il pas rejoindre une autre structure, administrative, dans toutes les administrations de l’Etat, pédagogique, dans les établissements spécifiques, privée par convention ou détachement. Bref, pourquoi les enseignants sont-ils condamnés à enseigner toute leur vie, même à en mourir ?

mardi 28 juin 2011

LA TRISTE FIN DES INSPECTEURS D'ACADEMIE (version corrigée)

Ainsi, les Recteurs auront réussi à éliminer les IA-DSDEN. Nés ensemble par la grâce du décret impérial du 17 mars 1808, pris en application de la loi du 10 mai 1806, les premiers ayant « deux cents ans d’histoire », les seconds « deux siècles au service de l’éducation », les Recteurs et les IA-DSDEN terminent leur parcours commun. Sous couvert d’ « une nécessaire clarification de la gouvernance du système éducatif en académie », en vérité sous la pression conjointe d’une RGPP et d’une grave contraction du budget de l’Education nationale, le Ministre de l’Education nationale du moment parachève, par une réforme précipitée mais datée, le mouvement de concentration académique des services de l’Education nationale, signe la fin de la proximité des autorités académiques et du « terrain » (même si l’on nous parle de subsidiarité), confirme la primauté du gestionnaire sur le pédagogique et instaure dans chaque région les « petits ministres de l’éducation ». Je propose donc qu’on supprime désormais « nationale » derrière « Ministère de l’Education nationale » comme durant le septennat du Président Giscard d’Estaing. Ainsi s’achève également une période transitoire ouverte par le rapport PAIR, poursuivie par l’instauration sauvage de « vice-recteurs » dans des académies métropolitaines gouvernée par des recteurs jaloux des prérogatives de leurs IA-DSDEN, initiant des transferts insidieux de compétences des inspections académiques vers les rectorats, tels que les affectations dans les lycées (via AFFLENET) ou le blocage des ineat dans le premier degré par exemple et se concrétisant enfin par une main mise ouverte sur le premier degré. Le recteur devenant la « seule autorité compétente dans l’académie », sauf attributions dévolues au préfet ou à l’IA-DSDEN par la loi (mais on la changera), il lui reviendra de gouverner, outre l’enseignement secondaire qu’il avait largement investi, l’enseignement primaire. Quand on connait l’origine des Recteurs qui arrivent, connaissant peu l’enseignement scolaire qu’ils auront à gérer et beaucoup l’enseignement supérieur qu’ils n’ont plus à gérer , quand on connait leur parcours professionnel et surtout leur culture, professeurs d’université reconnus ou depuis peu très hauts fonctionnaires, on peut s’interroger sur leur capacité à exercer la gouvernance du premier degré. Au moins, maintenant les manifestations de parents d’élèves, d’élus et d’enseignants des écoles primaires se dérouleront-elles devant les rectorats ! Les maires des petites communes pourront désormais avoir affaire aux Recteurs et peut-être même obtenir d’eux les postes qu’ils n’arrivaient pas à obtenir des IA-DSDEN. J’ai le souvenir de maires qui me menaçaient d’aller rencontrer le recteur ou le préfet pour annuler une (des) mesure(s) de carte scolaire que j’envisageais et que je maintenais toujours pour affirmer ma compétence sur le sujet et surtout pour refuser l’intimidation. Et même si les nouveaux « directeurs académiques » reçoivent les maires, par délégation, que diront-ils, sinon qu’il faudra une décision qui ne leur appartient plus ? Transférer des IA-DSDEN aux Recteurs leurs compétences propres, c’est se priver définitivement d’un relais hiérarchique départemental souverain, défenseur naturel de son territoire et surtout défenseur d’un service public de proximité, service le plus largement implanté dans notre pays, service public d’éducation qui tisse autour de l’Ecole un lien humain et social encore fort. De Digne les Bains à Aix en Provence, de Foix à Toulouse, de Brest à Rennes, de Châteauroux à Orléans, l’éloignement complétera l’absence et le silence des autorités dites académiques. Alors pourquoi « directeur académique » ? Est-ce l’exemple parisien qui prévaut ? Ce ne peut être le cas quand on connait l’origine à Paris de la création d’un directeur chargé de l’enseignement scolaire et d’un vice-recteur chargé de l’enseignement supérieur pour aider un Recteur, également Ministre de l’Instruction publique. Un « directeur d’académie » peut d’entendre dans une académie monodépartementale comme à Paris ou dans les académies ultramarines, encore qu’à Paris le directeur fasse « tout le boulot » du recteur en en ayant tous les désavantages et aucun avantage ! Mais plusieurs « directeurs d’académie », jusqu’à huit et au moins deux, dans une même académie, même s’ils sont les représentants du recteur sur un territoire départemental, même s’ils gèrent un service interdépartemental et même s’ils sont responsables d’un pôle de compétence (le premier degré sur toute l’académie ?), cela fait armée mexicaine, surtout lorsque la « véritable équipe de direction de l’académie autour du recteur » que le Ministre appelle de ses vœux n’a qu’une existence purement formelle ! Il aura donc suffi d’un décret pour faire mourir les inspecteurs d’académie des départements. Il valait mieux agir ainsi pour éviter que la représentation nationale au Parlement ne soit saisie d’un tel projet et l’en empêche, surtout au Sénat quand on connait l’attachement des élus locaux aux représentants départementaux de l’Education nationale.

                       A LILLE, le 26 juin 2011,                         Michel SOUSSAN

dimanche 26 juin 2011

LA TRISTE FIN DES INSPECTEURS D'ACADEMIE

Ainsi, les Recteurs auront réussi à éliminer les IA-DSDEN. Nés ensemble par la grâce du décret impérial du 17 mars 1808, pris en application de la loi du 10 mai 1806, les premiers ayant « deux cents ans d’histoire », les seconds « deux siècles au service de l’éducation », les Recteurs et les IA-DSDEN terminent leur parcours commun. Sous couvert d’ « une nécessaire clarification de la gouvernance du système éducatif en académie », en vérité sous la pression conjointe d’une RGPP et d’une grave contraction du budget de l’Education nationale, le Ministre de l’Education nationale du moment parachève, par une réforme précipitée mais datée, le mouvement de concentration académique des services de l’Education nationale, signe la fin de la proximité des autorités académiques et du « terrain » (même si l’on nous parle de subsidiarité), confirme la primauté du gestionnaire sur le pédagogique et instaure dans chaque région les « petits ministres de l’éducation ». Je propose qu’on supprime désormais « nationale » derrière éducation comme en son temps. Ainsi s’achève également une période transitoire ouverte par le rapport PAIR, poursuivie par l’instauration sauvage de « vice-recteurs » dans des académies métropolitaines gouvernée par des recteurs jaloux des prérogatives de leurs IA-DSDEN, initiant des transferts insidieux de compétences des inspections académiques vers les rectorats, tels que les affectations dans les lycées (via AFFLENET) ou le blocage des ineat dans le premier degré par exemple et se concrétisant enfin par une main mise ouverte sur le premier degré. Le recteur devenant la « seule autorité compétente dans l’académie », sauf attributions dévolues au préfet ou à l’IA-DSDEN par la loi (mais on la changera), il lui reviendra de gouverner, outre l’enseignement secondaire qu’il avait largement investi, l’enseignement primaire. Quand on connait l’origine des Recteurs qui arrivent, connaissant peu l’enseignement scolaire qu’ils auront à gérer et beaucoup l’enseignement supérieur qu’ils n’ont plus à gérer , quand on connait leur parcours professionnel et surtout leur culture, professeurs d’université reconnus ou depuis peu très hauts fonctionnaires, on peut s’interroger sur leur capacité à exercer la gouvernance du premier degré. Au moins, maintenant les manifestations de parents d’élèves, d’élus et d’enseignants des écoles primaires se dérouleront-elles devant les rectorats ! Les maires des petites communes pourront désormais avoir affaire aux Recteurs et peut-être même obtenir d’eux les postes qu’ils n’arrivaient pas à obtenir des IA-DSDEN. J’ai le souvenir de maires qui me menaçaient d’aller rencontrer le recteur ou le préfet pour annuler une (des) mesure(s) de carte scolaire que j’envisageais et que je maintenais toujours pour affirmer ma compétence sur le sujet et surtout pour refuser l’intimidation. Et même si les nouveaux « directeurs académiques » reçoivent les maires, par délégation, que diront-ils, sinon qu’il faudra une décision qui ne leur appartient plus ? Transférer des IA-DSDEN aux Recteurs leurs compétences propres, c’est se priver définitivement d’un relais hiérarchique départemental souverain, défenseur naturel de son territoire et surtout défenseur d’un service public de proximité, service le plus largement implanté dans notre pays, service public d’éducation qui tisse autour de l’Ecole un lien humain et social encore fort. De Digne les Bains à Aix en Provence, de Foix à Toulouse, de Brest à Rennes, de Châteauroux à Orléans, l’éloignement complétera l’absence et le silence des autorités dites académiques. Alors pourquoi « directeur académique » ? Est-ce l’exemple parisien qui prévaut ? Ce ne peut être le cas quand on connait l’origine à Paris de la création d’un directeur chargé de l’enseignement scolaire et d’un vice-recteur chargé de l’enseignement pour aider un Recteur, également Ministre de l’Instruction publique. Un « directeur d’académie » peut d’entendre dans une académie monodépartementale comme à Paris ou dans les académies ultramarines, encore qu’à Paris le directeur fasse « tout le boulot » du recteur en en ayant tous les désavantages et aucun avantage ! Mais plusieurs « directeurs d’académie », jusqu’à huit et au moins deux, dans une même académie, même s’ils sont les représentants du recteur sur un territoire départemental, même s’ils gèrent un service interdépartemental et même s’ils sont responsables d’un pôle de compétence (le premier degré sur toute l’académie ?), cela fait armée mexicaine, surtout lorsque la « véritable équipe de direction de l’académie autour du recteur » que le Ministre appelle de ses vœux n’a qu’une existence purement formelle ! Il aura donc suffi d’un décret pour faire mourir les inspecteurs d’académie des départements. Il valait mieux agir ainsi pour éviter que la représentation nationale au Parlement ne soit saisie d’un tel projet et l’en empêche, surtout au Sénat quand on connait l’attachement des élus locaux aux représentants départementaux de l’Education nationale.

                       A LILLE, le 26 juin 2011,                         Michel SOUSSAN

lundi 21 février 2011

L'Académie de Lille et ses retraits d'emplois

Lorsque chaque année à la même époque on annonce à l’Académie de Lille et donc à ses enseignants, aux parents et à l’opinion publique la dotation « négative » en postes, c'est-à-dire le nombre de postes retirés aux écoles et aux établissements scolaires, publics et privés, la première question qui devrait venir à l’esprit de celui qui entend la nouvelle est : « Y-a-t-il autant de postes que l’on puisse retirer tant de moyens, plus de 6000 d’après les syndicats en moins de 10 ans sans bloquer la machine éducative ? ». Et pourtant à chaque rentrée, vaille que vaille, les cours reprennent, les professeurs sont là, la machine repart. Et ainsi, est donné raison, chaque année, aux financiers de Bercy, à ces fonctionnaires qui, en fait, gouvernent du Ministère des Finances l’Education Nationale. Il y a bien un moment, un jour, où la machine bloquera, non pas tant parce que les élèves, de plus en plus nombreux par classe, n’auront plus de professeurs, mais parce que les professeurs occuperont leurs classes, comme les habitants de certains pays méditerranéens occupent les places publiques pour se faire entendre et comprendre de leurs gouvernants. Ils cesseront alors d’enseigner ou d’instruire mais feront de « l’occupationnel », en occupant leurs élèves à des activités autres pour éviter l’indiscipline, l’ennui ou le désordre. Et c’est encore les enfants des quartiers les plus en difficulté qui hériteront de cette école à deux vitesses : ils seront certes en classe, et même dès deux ans, mais n’auront pas les mêmes enseignements que les enfants, tout aussi nombreux par classe, des beaux quartiers où les pères et mères veillent. Imitons la Corse, qui, par l’intermédiaire de sa collectivité territoriale et à partir de la dotation nationale, donne les postes aux établissements scolaires et ainsi peut ajuster ou contrer les effets néfastes des retraits. Pour sauver l’Ecole, comme on a pu, au début de la décentralisation, sauver les locaux des collèges et lycées, il faut régionaliser et donner aux conseils généraux et régionaux, comme d’ailleurs aux communes pour les écoles, les postes qu’ils redistribueront aux établissements en régulant, ajustant ou contrant les décisions d’attributions des moyens et éventuellement en les complétant. Responsabilité certes lourde pour les élus, mais nécessaire désormais. Et l'Etat, conservant sa fonction régalienne sur l'Education continuera à nommer et à gérer les professeurs sur les postes ainsi répartis par les collectivités en fonction des horaires nationaux arrêtés au niveau central. Car, même si beaucoup espèrent en 2012 non la fin du monde mais la fin des restrictions dans l’Education nationale, la marche vers une gestion encore plus décentralisée des écoles, collèges et lycées est inéluctable.

                                                    Michel SOUSSAN, ancien inspecteur d’académie du Nord,               
                                                                                    Observateur attentif de l’Ecole

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